
Salaires dans la fonction publique : l’indicateur qui a disparu
Point d’indice, salaire moyen, salaire à structure constante, RMPP
Introduction
Interview de la 1ère présidente de la Cour des Comptes
20h de France Télévisions, 29 septembre 2026
L’Insee corrige la Cour des Comptes ?

Deux phrases, trois indicateurs
« Le salaire réel des fonctionnaires en place a augmenté de 16 % » (Cour des Comptes) ; « le pouvoir d’achat des fonctionnaires a baissé de 0,6 % » (Insee).
Ces affirmations peuvent être vraies en même temps, car elles ne mesurent pas la même chose :
- la première décrit la paie d’un fonctionnaire qui reste en poste : avancement à l’ancienneté et promotions compris (c’est la RMPP) ;
- la seconde décrit le salaire moyen : ce que coûte l’agent moyen, avec des départs à la retraite remplacés par des débutants moins payés (effet de noria) ;
- une troisième mesure, proche du salaire moyen, donne la rémunération à poste et ancienneté donnés : même corps, même grade, même échelon (c’est le salaire à structure constante).
La préférence pour la RMPP : la fiche FIPECO
La Cour des Comptes juge la RMPP « plus pertinente » que la rémunération moyenne, car elle écarte l’effet de noria (Cour des Comptes 2026).
Le même raisonnement figure dans la fiche de FIPECO sur les salaires des fonctionnaires, dont la première version date de 2021 (FIPECO 2026) :
- la RMPP « permet de s’affranchir de cet effet de noria » ;
- elle progresse de 1,4 % par an dans l’État (2008-2024), contre 0,2 % pour le salaire moyen ;
- le salaire à structure constante n’y est pas mentionné.
La thèse
La RMPP ne mesure pas le pouvoir d’achat : l’avancement et les responsabilités n’ont pas pour vocation de compenser l’inflation.
Le salaire à structure constante est le seul indicateur qui dise ce que vaut un poste. À poste donné, le salaire net réel de l’État a perdu environ 5 % (IPC) à 8 % (IPCH) entre 2008 et 2023.
L’Insee l’a publié pendant trente ans. Tant qu’il l’a été, il a été le moins favorable des trois : inférieur au salaire moyen 32 années sur 33, et toujours inférieur à la RMPP (de 2,0 points par an en moyenne).
Il a disparu par étapes : du chapeau en 2006, des tableaux en 2013, de toute la publication en 2023. Depuis 2021, en pleine période d’inflation, on ne sait plus mesurer directement le prix d’un poste.
Le plan
Les indicateurs : ce que chacun retient du salaire d’un agent, comment ils s’emboîtent, pourquoi la RMPP est trompeuse.
Données et méthode.
Le prix des postes dans l’État : quinze ans de salaires, déflatés par l’IPC puis par l’IPCH.
La disparition du salaire à structure constante au profit de la RMPP : du chapeau, puis des tableaux, puis de toute la publication.
Le secteur privé : la structure constante au chapeau en 1990.
Discussion et propositions : rétablir la publication de l’évolution des salaires à structure constante.
Les indicateurs
Les briques du salaire d’un fonctionnaire
Traitement indiciaire = indice majoré (grille : corps, grade, échelon) × valeur du point (4,92278 € bruts par mois depuis juillet 2023). Environ les trois quarts du salaire brut.
Primes : environ un quart, beaucoup moins pour les enseignants.
Le salaire d’un agent peut évoluer pour quatre raisons :
- la valeur du point augmente ;
- la grille est modifiée ;
- l’agent avance dans la grille (GVT positif) ;
- ses primes évoluent.
Chaque indicateur retient une partie de ces sources.
Le point d’indice : l’indicateur le plus visible

Gel de juillet 2010 à juin 2016, puis de février 2017 à juin 2022. Source : fgeerolf.com/data/ipp/indicefp.html.
Pouvoir d’achat du point d’indice net

Environ −30 % depuis 2000 avec l’IPC, plus d’un tiers avec l’IPCH. Mais aucun agent n’évolue exactement comme le point.
Ce que retient chaque indicateur
| Indicateur | Question | Primes | Avancement | Effectifs | Publié |
|---|---|---|---|---|---|
| Valeur du point | Revalorisation générale ? | non | non | non | oui |
| ITB-GI (DGAFP) | Prix d’un échelon ? | non | non | non | oui |
| Structure constante | Prix d’un poste ? | oui | non | non | jusqu’en 2020 |
| RMPP | Paie de ceux qui restent ? | oui | oui | non | oui |
| Salaire net moyen | Coût de l’agent moyen ? | oui | oui | oui | oui |
| Effet de structure | Que doit le salaire moyen aux mouvements d’agents ? | - | GVT + | GVT - | jusqu’en 2020 |
« Effectifs » : l’indicateur dépend de la composition des effectifs (entrées, sorties, qualifications).
Les identités qui relient les indicateurs
\[\Delta\,\text{salaire moyen} \;\approx\; \underbrace{\Delta\,\text{structure constante}}_{\text{prix des postes}} \;+\; \underbrace{\text{GVT positif} + \text{GVT négatif}}_{\text{effet de structure}}\]
\[\text{RMPP} \;\approx\; \Delta\,\text{structure constante} + \text{GVT positif}\]
GVT positif (effet de carrière) : autour de +2 points par an, très stable.
GVT négatif (entrées-sorties, « noria ») : les sortants en haut de grille sont remplacés par des entrants en bas de grille.
Exemple 2003 : structure constante (prix des postes) −0,9 % ; carrière +2,2 points ; entrées-sorties −1,9 point. Salaire moyen −0,5 %, RMPP +1,5 %.
Structure constante contre RMPP : le mécanisme

La grille baisse en termes réels (flèche violette), l’agent monte d’un échelon (pointillés verts) : la RMPP (flèche orange) est la somme des deux.
Pourquoi la RMPP ne mesure pas le pouvoir d’achat
La hausse de salaire au fil de la carrière rémunère l’ancienneté, l’expérience et la prise de responsabilités : c’est un changement de poste (sous-lieutenant, lieutenant, capitaine…).
Elle n’a pas pour vocation de compenser l’inflation. Elle est inscrite dans la grille, et chaque génération la parcourt à son tour.
Si les grilles restaient inchangées en euros constants : RMPP à +2 % par an, salaire moyen et structure constante stables. Personne ne s’enrichit.
La compensation de l’inflation relève du point d’indice, de la grille et de la garantie individuelle de pouvoir d’achat, pas de l’avancement.
En fin de grille, il ne reste que la baisse

La RMPP est une moyenne : en 2023, 53 % des agents en place de la territoriale ont vu leur rémunération progresser moins vite que les prix, alors que la RMPP ne baissait que de 0,2 % (DGAFP 2025).
Exemple : la grille des professeurs des écoles, 2017-2026

Point d’indice net : −19 % en termes réels (IPCH). Trois échelons gagnés : −10 %. Dernier échelon : −630 € par mois. Hors revalorisations de primes propres aux enseignants.
Données et méthode
Sources, séries longues, déflateurs
Sources : Insee Première annuels sur les salaires de l’État depuis 1988 et rapports annuels de la DGAFP ; 36 Insee Première sur le privé (n° 85 de 1990 au n° 2079 de 2025) et la note de Concialdi (2023) ; valeur du point (IPP).
Séries longues : chaque édition recalcule l’année précédente, donc on enchaîne les évolutions annuelles publiées, sans comparer les niveaux. De 2021 à 2023, la structure constante de l’État est reconstituée (RMPP brute moins GVT positif).
Déflateurs : IPC et IPCH, les deux. L’IPCH a augmenté plus vite en 2022-2023 (+5,9 % et +5,7 %, contre +5,2 % et +4,9 %) (Geerolf 2024).
Comptage des mentions dans le texte de chaque Insee Première (formulations équivalentes comprises), chapeau relevé séparément : il mesure la place de chaque indicateur, pas la qualité de l’analyse.
Le prix des postes dans l’État
Quinze ans de salaires dans l’État (IPC)

2021-2023 : prolongement à partir des rapports annuels de la DGAFP (RMPP brute des fonctionnaires moins GVT positif).
Avec l’IPCH

L’IPCH a augmenté plus vite que l’IPC, surtout en 2022-2023 (Geerolf 2024).
Indices en 2023 selon la base et le déflateur
| Base 100 | Déflateur | Structure constante | Salaire moyen | RMPP cumulée |
|---|---|---|---|---|
| 2008 | IPC | 95,4 | 99,8 | 122,0 |
| 2012 | IPC | 95,5 | 98,0 | 114,9 |
| 2008 | IPCH | 92,0 | 96,3 | 117,7 |
| 2012 | IPCH | 92,7 | 95,1 | 111,5 |
À poste donné, le salaire net réel de l’État a perdu environ 5 % (IPC) à 8 % (IPCH) depuis 2008.
Le salaire moyen est à peu près stable avec l’IPC (99,8) grâce à l’élévation des qualifications, et passe sous son niveau de 2008 avec l’IPCH.
La RMPP cumulée (122,0) est la trajectoire d’un agent resté quinze ans avec tous ses avancements, pas le salaire d’un poste.
Trente ans d’effet de structure dans l’État

La décomposition publiée aujourd’hui

Depuis le millésime 2014, la décomposition se fait par population (personnes en place, fluctuants, entrants et sortants) et non par poste. L’effet de noria pèse entre −0,4 et −1 point par an, −1,4 point en 2022. Elle ne dit pas combien vaut un poste donné.
La disparition du salaire à structure constante
2007 : un ministre juge une étude de l’Insee « totalement erronée »

Insee Première n° 1151 (juillet 2007) : salaire net moyen −0,9 % en euros constants, structure constante −1,6 %, personnes en place +0,4 % (Gombault et Quarré 2007; Les Échos 2007).
Ce que le ministère mettait en avant : la RMPP
L’étude n’était pas erronée : elle mesurait autre chose. Le ministère raisonnait en RMPP.
Rapport Tron (PLF 2008) : la polémique « résulte sans doute d’une mauvaise présentation des résultats » ; les négociations salariales n’aboutissaient plus, faute d’« instrument de mesure partagé » (Tron 2007).
Éric Woerth, ministre du Budget et de la Fonction publique, novembre 2007 : il faut regarder « l’ensemble d’une feuille de paye », soit « à peu près 3,5 % par an » (La Gazette des communes 2007). C’est la logique de la RMPP, en euros courants.
Les syndicats regardaient le point d’indice, le ministère la RMPP, l’Insee le salaire moyen. L’indicateur qui tranche sur le prix des postes figurait dans l’Insee Première contesté.
Le tableau qu’on ne publie plus

Insee Première n° 1381 (décembre 2011), dernier millésime avec le détail par catégorie. Enseignants en 2009 : structure constante +0,8 %, personnes en place +3,2 %.
Une disparition par étapes
1990-2005 : tableau, et premier chiffre « corrigé » cité dans le chapeau.
Juillet 2006 (IP n° 1094) : sort du chapeau, reste dans le tableau.
Avril 2013 (IP n° 1443, millésime 2010) : le tableau de décomposition disparaît ; il reste une ligne, puis le texte seul. Première publication fondée sur Siasp, parue avec 28 mois de retard (Kerjosse et Michel 2013).
2017-2018 : bref retour dans le chapeau, sans être nommé.
Juin 2023 (IP n° 1955, millésime 2021) : plus aucune mention, pas même la définition (Ntamakuliro-Inema et Volat 2023). Le rapport annuel de la DGAFP ne le publie pas non plus.
Les publications n’expliquent jamais ces changements.
La structure constante, toujours la moins favorable

Négative 17 années sur 33, contre 10 pour le salaire moyen et aucune pour la RMPP. Après 2020, la courbe s’arrête.
La montée en puissance de la RMPP

Deux trajectoires croisées
| Publication | Structure constante | Personnes en place (RMPP) |
|---|---|---|
| 1990 | Tableau et chapeau | Estimation au conditionnel, aucun tableau |
| 1995 | Tableau complet | Entre dans le tableau |
| Juillet 2006 | Sort du chapeau | Seul indicateur du chapeau avec le salaire moyen |
| Octobre 2008 | Tableau | Deux lignes, évolution sur quatre ans, nouveau tableau |
| 2011-2013 | Tableau supprimé | Sigle « RMPP », intertitre, tableau par catégorie |
| Juillet 2016 | Texte et définitions | Premier terme de la décomposition |
| Juin 2023 | Plus aucune mention | Chapeau, intertitre, figure |
Octobre 2008 : premier Insee Première publié après la polémique de 2007.
Le cas des enseignants
Jusqu’en 2009 : trois lignes, trois colonnes. Depuis 2011 : une ligne, deux colonnes.
| Évolution en euros constants | Salaire moyen | Struct. constante | RMPP |
|---|---|---|---|
| 2008 (IP n° 1324) | |||
| Ensemble des enseignants | -0,1 % | -0,4 % | +1,9 % |
| Enseignants cadres | -0,3 % | -0,4 % | +1,9 % |
| Professeurs des écoles (prof. interm.) | -1,3 % | +0,2 % | +2,4 % |
| 2024 (IP n° 2100) | |||
| Enseignants (ligne unique) | +3,9 % | non publiée | +4,8 % |
La structure constante des professeurs des écoles (+0,2 %) contredisait la RMPP (+2,4 %). Cette lecture n’est plus possible.
Qui signait les publications ?
| Année | IP n° | Parution | DG Insee | Salaire à structure constante |
|---|---|---|---|---|
| 2004 | 1094 | juil. 2006 | Charpin | tableau complet |
| 2009 | 1381 | déc. 2011 | Cotis | tableau complet |
| 2010 | 1443 | avr. 2013 | Tavernier | une ligne du tableau 1 |
| 2011 | 1476 | déc. 2013 | Tavernier | texte |
| 2020 | 1914 | juil. 2022 | Tavernier | texte |
| 2021 | 1955 | juin 2023 | Tavernier | absent |
Jean-Luc Tavernier, directeur de cabinet d’Éric Woerth de 2007 à 2009, devient directeur général de l’Insee en février 2012.
La signature n’indique pas qui a décidé : division Salaires et revenus d’activité, comité de rédaction, co-publication avec la DGAFP depuis 2014.
Les ruptures coïncident avec des changements de source (Siasp), d’équipes, de format et de direction générale, sans qu’on puisse attribuer la décision à l’un de ces facteurs.
Le secteur privé
Un indicateur ancien dans le privé : Concialdi (2023)
- 1971 : première mesure d’un effet de structure (mai 1968 : + 8,3 % à structure constante contre + 10 %) (Padieu, Volkoff, et Calviac 1971).
- Depuis 1990 : tableau de synthèse annuel avec structure variable, structure constante et effet de structure.
- 1990-1999 : la structure constante est dans le chapeau de 9 des 10 Insee Première.
- 1978-2019 : pouvoir d’achat du salaire net + 19,4 % à structure variable, - 4,2 % à structure constante (Concialdi 2023).
- Après 2017 : l’indicateur sort du tableau de synthèse, revient pour 2020 et 2021, puis disparaît de nouveau (2022, 2024).
La RMPP existe depuis 1990
- Juin 1990 (IP n° 85) : les « salariés en place » sont dans le chapeau, à côté du salaire moyen et de la structure constante.
- 1990-1996 : évolution estimée = structure constante + effet de carrière (2,0 % par an, mesuré sur 1984-1986).
- Depuis 1997 : mesurée dans les déclarations de salaires (« permanents-permanents »).
- Effet de structure = carrière (GVT +) + entrées et sorties : l’identité figure déjà dans l’IP de 1990.
- Une seule édition sans évolution des personnes en place : millésime 1999 (IP n° 778).
Un changement de place, pas d’existence
| Publication | Structure constante | Personnes en place |
|---|---|---|
| 1990-1999 (IP 85 à 687) | Chapeau (9 numéros sur 10) | Section dédiée ; chapeau en 1990 |
| Mai 2001 (IP 778) | Quitte le chapeau | Absente |
| 2006-2010 (IP 1067 à 1300) | Tableau | Moyenne des permanents-permanents (texte) |
| 2013 (IP 1471) | Tableau | Intertitre dans le texte |
| 2019-2021 (IP 1750 à 1863) | Plus de série en tableau | Chapeau |
| Fév. 2023 (IP 1938) | Ligne de tableau | Sigle « RMPP », colonne du tableau |
| Nov. 2023 et oct. 2025 | Absente (2022 et 2024) | Colonne du tableau |
La montée en charge : une affaire de place

- Le nombre de mentions ne monte pas : les deux indicateurs sont cités de façon soutenue depuis 1990.
- Ce qui change : la place (carrés = chapeau). La structure constante en sort après 1999, la RMPP y entre en 2019.
Ce que montrent les trois indicateurs

- 1988-2008 : structure constante sous le salaire moyen 21 années sur 21 (0,1 % par an contre 0,7 % jusqu’en 2001).
- Depuis 2009 : structure constante -0,03 %, salaire moyen 0,5 %, RMPP 2,0 %. En 2022 : - 1,0 %, + 1,3 % et pas de structure constante.
Discussion
Ce que disent les résultats, et leurs limites
Les indicateurs ne se contredisent pas : ils répondent à des questions différentes (un poste, un agent qui avance, l’agent moyen). Le débat de 2007 comme celui de 2026 tiennent à la confusion entre ces questions.
La RMPP ne mesure pas le pouvoir d’achat : elle reste positive même quand le prix des postes baisse. Ne retenir que la RMPP et le salaire moyen passe sous silence l’indicateur qui dit si un poste se déclasse.
Limites :
- la structure constante de l’État est reconstituée de 2021 à 2023 ;
- les séries longues comportent des ruptures (Siasp, équivalents temps plein, définitions) ;
- le comptage mesure la place d’un indicateur, pas la décision qui l’a produite ;
- la structure constante dit ce que vaut un poste, pas ce que gagne une personne.
Conclusion
Points saillants
Pour savoir si « les fonctionnaires » ont gagné ou perdu en pouvoir d’achat, il faut dire lesquels : un poste (structure constante), un agent qui avance (RMPP), ou la masse des agents (salaire moyen).
À poste donné, le salaire net réel de l’État a perdu environ 5 % (IPC) à 8 % (IPCH) entre 2008 et 2023 ; le point d’indice net, 19 % depuis 2017 (IPCH).
La RMPP reste positive presque tous les ans parce qu’elle inclut environ 2 points d’avancement, qui ne sont pas là pour compenser l’inflation : elle ne dit rien du prix d’un poste et masque les agents en fin de grille.
L’indicateur le moins favorable est celui qui n’est plus publié depuis le millésime 2021, au moment où l’inflation fait baisser les salaires réels.
Dans le privé, la structure constante était au chapeau en 1990 et les personnes en place déjà estimées ; la RMPP n’est entrée dans le chapeau qu’en 2019 puis dans le tableau principal en 2023, tandis que la structure constante est absente en 2022 et 2024.
Ce qu’il faudrait : quatre propositions
Rétablir chaque année la publication du salaire à structure constante, dans le chapeau et le tableau principal, avec la série depuis 1988.
La publier par catégorie (A, B, C) et pour les enseignants et non-enseignants, comme jusqu’en 2009.
Publier la décomposition complète : RMPP = structure constante + effet de carrière ; salaire moyen = RMPP + effet de renouvellement.
Documenter les ruptures de série : changement de source, colonne retirée, indicateur renommé.
Pourquoi
Ces propositions ne coûtent presque rien : il s’agit de republier un chiffre que l’Insee savait produire.
Enjeu : un instrument de mesure partagé pour les négociations salariales, et la crédibilité de la statistique publique.