| Période | État, IPC | État, IPCH | Privé, IPC | Privé, IPCH |
|---|---|---|---|---|
| 1995 - 2008 | −5,2 | −6,8 | 1,0 | −0,7 |
| 2008 - 2019 | −2,5 | −4,1 | 0,8 | −0,9 |
| 2019 - 2023 | −2,2 | −4,0 | −2,7 | −4,6 |
| 1995 - 2023 | −9,6 | −14,2 | −1,0 | −6,1 |
| 2008 - 2023 | −4,6 | −8,0 | −2,0 | −5,4 |
Secteur privé et fonction publique, structure constante et RMPP, IPC et IPCH
OFCE, Sciences Po, CEPR
2026-09-30
Entre 2008 et 2023, le salaire net en euros constants a augmenté de 34,9 % ou baissé de 8,0 %, selon :
Indicateur : entre structure constante et RMPP, 27 points d’écart dans l’État, 37 points dans le privé.
Secteur : à poste donné, l’État perd plus que le privé.
Indice de prix : 3 à 5 points de moins avec l’IPCH, toujours dans le même sens.
Ce document rassemble deux études, sur l’État (Geerolf 2026a) et sur le privé (Geerolf 2026b), avec les mêmes conventions de chaînage et les deux mêmes déflateurs.
Les indicateurs et les déflateurs : trois questions, deux identités, IPC ou IPCH.
Le prix d’un poste dans les deux secteurs.
Salaire moyen et RMPP.
Ce que publie l’Insee, discussion et propositions.
| Indicateur | Ce qu’il mesure | Question |
|---|---|---|
| Salaire à structure constante | Effectifs figés par groupes de postes | Combien vaut un poste ? |
| Salaire net moyen | Masse salariale / volume de travail | Combien coûte le salarié moyen ? |
| RMPP | Salariés présents deux années complètes, même employeur, même quotité | Combien gagne celui qui reste et avance ? |
RMPP ≈ structure constante + effet de carrière.
Salaire moyen ≈ RMPP + effet de noria (entrants moins bien payés que les partants).
L’avancement n’a pas vocation à compenser l’inflation : si tous les postes gardaient leur valeur réelle, la RMPP progresserait encore d’environ 2 points par an. La RMPP ne mesure pas le pouvoir d’achat.
État : corps, grade et échelon. La structure constante est le salaire d’un poste à ancienneté donnée ; l’avancement d’échelon en est exclu.
Privé : catégorie socioprofessionnelle, secteur d’activité, temps complet ou partiel. Une promotion à l’intérieur d’une catégorie compte comme une hausse du prix du poste.
La structure constante du privé est donc plutôt un majorant du salaire à poste donné (Geerolf 2026b).
Une partie de l’écart entre secteurs tient à cette différence de définition.
Sources : Insee Première annuels sur les salaires des agents de l’État (n° 86 à 2100) et du privé (n° 85 à 2079), rapports annuels de la DGAFP.
Chaînage des évolutions annuelles publiées, valeur du millésime de chaque publication.
IPCH : évolutions reconverties en euros courants puis re-déflatées, à partir de 1996.
Quatre trous dans les séries publiées :
Valeurs estimées : cercles sur les graphiques, italique dans les tableaux.
| Période | État, IPC | État, IPCH | Privé, IPC | Privé, IPCH |
|---|---|---|---|---|
| 1995 - 2008 | −5,2 | −6,8 | 1,0 | −0,7 |
| 2008 - 2019 | −2,5 | −4,1 | 0,8 | −0,9 |
| 2019 - 2023 | −2,2 | −4,0 | −2,7 | −4,6 |
| 1995 - 2023 | −9,6 | −14,2 | −1,0 | −6,1 |
| 2008 - 2023 | −4,6 | −8,0 | −2,0 | −5,4 |
1995-2008 : −5,2 % dans l’État, +1,0 % dans le privé (IPC). L’essentiel de l’écart, en particulier 2003-2005.
2008-2019 : gel du point, l’écart s’élargit encore d’environ trois points.
2019-2023 : les deux secteurs perdent à peu près autant. La poussée d’inflation n’a épargné les postes d’aucun des deux.
Structure constante : baisse dans les deux secteurs.
Salaire moyen : à peu près stable dans l’État avec l’IPC (−0,2 %), en baisse avec l’IPCH (−3,7 %) ; en hausse dans le privé (+6,5 % et +2,7 %).
RMPP : +22,0 % dans l’État, +34,9 % dans le privé (IPC).
La RMPP cumulée décrit un salarié resté quinze ans chez le même employeur, avec tous ses avancements : il a changé de poste plusieurs fois, et chacun de ces postes s’est dévalorisé.
Pour la Cour des comptes, la RMPP est « plus pertinente que la rémunération moyenne pour apprécier l’évolution à moyen et long terme du pouvoir d’achat des agents publics » (Cour des Comptes 2026). Elle n’a été négative qu’une fois dans l’État (2022), jamais dans le privé.
État : plus aucune mention de la structure constante à partir du millésime 2021, au moment où l’inflation fait baisser les salaires réels.
Privé : pas publiée pour 2022, l’année du plus fort recul du salaire moyen depuis un quart de siècle, ni pour 2024, l’année d’un élargissement du champ.
De 2021 à 2024, sans estimation, il ne resterait que deux évolutions publiées sur sept.
La RMPP a pris le chemin inverse : chapeau, tableau principal, sigle.
Valeurs estimées : un demi-point d’erreur sur l’une d’elles déplace le cumul d’environ un demi-point. Les cumuls jusqu’en 2019 ne reposent que sur des chiffres publiés.
Ruptures non corrigées par le chaînage : Siasp, équivalents temps plein, définition des groupes dans le privé (2019), champ du privé (2024).
Comparaison entre secteurs biaisée dans un sens connu : la structure constante du privé inclut une partie de l’effet de carrière. L’écart réel est probablement plus faible sur les années où il se creuse, et la baisse récente du privé plutôt sous-estimée.
Champs : agents civils de l’État d’un côté, salariés du privé et des entreprises publiques de l’autre ; ni la territoriale ni l’hospitalière.
Déflateur : l’écart IPC / IPCH ne dépend ni du secteur ni de l’indicateur, mais il fait passer plusieurs séries d’une quasi-stabilité à une baisse.
Le choix de l’indicateur pèse le plus : la RMPP progresse parce qu’elle intègre l’avancement, quand le prix d’un poste baisse.
À poste donné, depuis 1995 et jusqu’en 2023 : 10 à 14 % de pouvoir d’achat en moins dans l’État, 1 à 6 % dans le privé (IPC ou IPCH).
Le décrochage de l’État est acquis pour l’essentiel avant 2019 ; depuis, la baisse est comparable dans les deux secteurs.
L’IPCH retranche 5,7 points sur trente ans.
Chaque année, dans les deux Insee Première, l’évolution du salaire à structure constante, avec ses séries longues.
La décomposition de l’effet de structure : effet de carrière et effet de noria.
Une version déflatée par l’IPCH à côté de celle déflatée par l’IPC.
Ce sont des chiffres que l’Insee sait produire. Sans eux, le débat sur le pouvoir d’achat des salaires ne dispose que des mesures qui ignorent le prix des postes.