# Simulations : IPCH français contrefactuel, méthodes déclarées, données de caisse, parités Scripts et résultats des 8 et 9 octobre 2026. Source : Eurostat, `prc_hicp_minr` (indices mensuels, ECOICOP v2) et `prc_hicp_iw` (pondérations), dernier mois détaillé : août 2026 ; pour la partie 4, `prc_ppp_ind`, `prc_hicp_aind` et `nama_10_gdp` (annuels, jusqu'en 2024) ; pour la partie 5, `nama_10_co3_p3` (jusqu'en 2022). Les parties 4 et 5 alimentent l'article `france-allemagne.qmd`. ## Lancer python3 1_simulation_contrefactuel.py python3 2_correlation_methodes.py python3 3_donnees_de_caisse_alimentation.py python3 4_parites_ipch_france_allemagne.py python3 5_deflateurs_consommation_france_allemagne.py Dépendances : pandas, numpy, scipy, pyarrow. Les parquets sont cherchés dans `~/Dropbox/website/data/eurostat` (chemin relatif) ; sinon définir `EUROSTAT_DIR`. Les sorties vont dans `resultats/`. `commun.py` contient le chargement et le chaînage. ## Méthode Chaînage de Laspeyres annuel sur décembre, à partir de la partition à 3 chiffres (somme des poids = 1000). L'IPCH publié est reproduit à 0,02 % près (`1_reproduction.csv`). Pour les postes « litigieux », l'évolution française est remplacée par celle d'une référence : - **brute** : évolution du poste dans la référence ; - **relative** : évolution du poste *relativement au panier témoin* (hors S3) de la référence, appliquée au panier témoin français — neutralise l'écart d'inflation générale. Périmètres : **S1** = habillement-chaussures, ameublement-équipement, matériel et services info-com, biens de loisirs (12,6 % du panier) ; **S2** = S1 + véhicules (15,7 %) ; **S3** = S2 + loyers et santé (28,0 %). ## 1. France avec les évolutions d'une référence (`1_*.csv`) Écart à l'IPCH publié, en point par an, déc. 2007 – août 2026 (publié : +41,9 %) : | Référence | S1 brut / relatif | S2 | S3 | |---|---|---|---| | Zone euro | +0,06 / +0,04 | +0,07 / +0,05 | +0,14 / +0,10 | | Allemagne | +0,14 / +0,11 | +0,17 / +0,14 | +0,23 / +0,18 | | Hédonique déclarée (AT BE CY DE DK FI MT SE) | +0,06 / +0,02 | +0,05 / −0,01 | +0,17 / +0,08 | | Suède | +0,04 / 0,00 | +0,05 / 0,00 | +0,14 / +0,07 | Ordre de grandeur : **quelques centièmes à un dixième de point par an**, 1 à 4 points en cumul sur dix-huit ans. Restreindre la référence aux pays déclarant de l'hédonique ne change pas l'ordre de grandeur. L'essentiel de S3 vient des loyers et des médicaments, où la France est atypique pour des raisons qui ne tiennent pas qu'à l'ajustement qualité. ## 2. Méthodes déclarées et inflation mesurée (`2_*.csv`) Régression en coupe (31 à 34 pays) de l'inflation relative des postes sur une indicatrice « hédonique déclarée » (fiches ESMS, `../data/esms_35_pays_recommandation.csv`). **Aucune corrélation significative** : S1, 2007-2026, coefficient +0,24 pt/an (p = 0,47), nul après contrôle de l'inflation totale (+0,05, p = 0,88). Seul résultat isolé : véhicules 2015-2026 (+1,4, p = 0,02), qui disparaît avec le contrôle et dans l'UE15. La France est au milieu de la distribution. Limites : la déclaration ESMS est binaire et récente, elle ne dit ni depuis quand ni sur quelle part du poste ; 31 pays, faible puissance. ## 3. Données de caisse et alimentaire (`3_*.csv`) Écart d'inflation France − zone euro, pt/an : | | déc. 2009 – déc. 2019 | déc. 2019 – août 2026 | cumul FR / ZE depuis déc. 2019 | |---|---|---|---| | Alimentaire transformé (données de caisse depuis 2020) | −0,50 | −1,08 | +25,6 % / +34,6 % | | Alimentaire non transformé (relevés) | +0,18 | −0,01 | +35,4 % / +35,5 % | | Ensemble | −0,04 | −0,57 | +22,1 % / +26,6 % | Le décrochage du transformé au-delà de celui du non-transformé est d'environ 0,4 pt/an, soit 0,04 à 0,08 pt sur l'indice d'ensemble. Compatible avec un biais lié au traitement des remplacements en données de caisse (*overlap* simple), **mais non probant** : Italie et Belgique ont le même profil, et Egalim, le bouclier tarifaire et le poids de l'Allemagne dans la moyenne jouent dans le même sens. ## 4. Les parités de pouvoir d'achat confirment-elles l'écart avec l'Allemagne ? (`4_*.csv`) Point de départ : la vidéo de l'Insee « L'Allemagne est-elle plus riche que la France ? », qui attribue la meilleure croissance française « en pouvoir d'achat » à des prix « qui ont davantage augmenté en Allemagne ». **Les chiffres de la vidéo** (`4_video_pib_FR_DE.csv`). Le PIB en valeur est bien aussi dynamique dans les deux pays *depuis 1991* (288 et 289), et le PIB en standards de pouvoir d'achat croît plus en France *depuis 1995* (262 contre 243). Mais les deux bases ne sont pas les mêmes : depuis 1995, le PIB en valeur a crû de 8,7 % de plus en France, et les déflateurs du PIB ont évolué de la même façon (rapport 0,991). L'écart de prix invoqué se concentre sur 1991-1995 (réunification). Depuis 2007 en revanche : volumes identiques selon les comptes (117,6 et 117,2), déflateur français inférieur de 12,5 %, alors que les parités ne donnent que 8 % — en standards de pouvoir d'achat, la France perd 4 points sur l'Allemagne. **Le test.** Dérive = variation du niveau de prix relatif France/Allemagne selon les parités (enquêtes spatiales) moins variation de l'IPCH relatif. Positive : les parités voient les prix français monter davantage que ne le dit l'IPCH. | Poste | Parités | IPCH | Dérive | pt/an | |---|---|---|---|---| | Consommation des ménages | +0,7 % | −5,2 % | +6,2 % | +0,25 | | Audiovisuel, photo, informatique | +7 % | −44 % | +91 % | +3,6 | | Chaussures | +25 % | −5 % | +31 % | +1,8 | | Habillement | +16 % | −9 % | +27 % | +1,4 | | Alimentation | −0,5 % | −15,5 % | +18 % | +1,2 | | Meubles | +16 % | −1 % | +17 % | +0,7 | | Appareils ménagers | −5 % | −18 % | +16 % | +0,7 | | Achat de véhicules | +1 % | −11 % | +14 % | +0,5 | | Électricité, gaz | −1 % | +4 % | −5 % | −0,4 | | Communications | −37 % | −16 % | −25 % | −2,1 | Variations France/Allemagne entre 2003-2005 et 2022-2024 ; pente annuelle sur 2003-2024 (1996-2024 pour l'ensemble). Détail dans `4_parites_ipch_par_poste.csv`. La dérive est positive et se concentre sur les biens à fort ajustement qualité et sur l'alimentation, où le traitement des remplacements compte aussi (relances commerciales, changements de conditionnement et de code-barres) ; elle est négative sur les communications. Alimentation, France/Allemagne, en pt/an : | | Parités | IPCH | Dérive | |---|---|---|---| | 2003-2010 | −1,1 | −0,1 | −1,1 | | 2010-2019 | +1,6 | −0,8 | +2,4 | | 2019-2024 | −1,1 | −1,8 | +0,6 | L'essentiel de la dérive alimentaire est antérieur aux données de caisse (2020). Depuis 2019, les parités confirment environ les deux tiers du décrochage français mesuré par l'IPCH ; le reste, 0,6 pt/an, est du même ordre que le décrochage propre du transformé de la partie 3 (0,4 pt/an). La série évolue par paliers aux années d'enquête : cinq ans, c'est une ou deux enquêtes. **Placebo** (`4_placebo_UE15.csv`) : même dérive pour chaque pays de l'UE15, par rapport à l'UE27. Sur l'ensemble, France +0,45 pt/an, Allemagne +0,15, médiane +0,28 : la France est 9e sur 14, pas une exception. Sur les biens, la France est presque toujours 11e sur 14 et l'Allemagne 1re à 3e : **la moitié environ de l'écart bilatéral vient de l'Allemagne, atypique dans l'autre sens.** La dispersion entre pays est très forte (de −1,8 à +4,5 pt/an sur l'audiovisuel). Limites : Eurostat ne conçoit pas les parités pour des comparaisons dans le temps (révisions, ruptures, extrapolations par des indices nationaux entre enquêtes) ; les catégories détaillées sont en consommation individuelle effective (santé et enseignement non comparables à l'IPCH) ; les nomenclatures ne coïncident qu'approximativement. Indice convergent, pas preuve. ## 5. L'exercice de l'Insee sur l'Italie, refait pour l'Allemagne (`5_*.csv`) La Note de conjoncture de juin 2017 attribue aux différences de méthode 0,22 point de croissance par an entre la France et l'Italie (tableau 8), dont 0,17 pour la consommation. Version simple pour l'Allemagne : pour chaque poste de la consommation des ménages, part du poste dans la consommation française × (variation du déflateur allemand − variation du déflateur français), convertie en points de PIB par la part de la consommation des ménages dans le PIB (52 %). En point de PIB par an, 2007-2022 : | Postes | Contribution | |---|---| | Biens à fort ajustement qualité (8,7 % de la consommation) | +0,04 | | Achat de véhicules | 0,00 | | Services de télécommunication | +0,04 | | Alimentation et boissons | +0,07 | | Loyers réels et imputés | +0,05 | | Santé | +0,02 | | Autres postes (dont services financiers, +0,04) | +0,11 | | Ensemble | +0,33 | Ce sont des **majorants** : tout l'écart de prix mesuré est attribué aux méthodes. La somme des contributions (0,63 point de déflateur) dépasse l'écart direct des déflateurs d'ensemble (0,46), parce qu'elle applique la structure de consommation française aux prix allemands. Sur 2000-2010 l'ensemble est nul (−0,02) : l'écart date d'après 2010. ## Avertissement Ces calculs mesurent des écarts d'inflation *mesurée* entre pays, pas un biais : structures de consommation, fiscalité, réglementation des prix et conjoncture diffèrent. Ils bornent l'enjeu plus qu'ils ne l'identifient. ## 6. France, Allemagne, Italie : PIB par habitant à méthodes comparables (`6_*.csv`) Script `6_france_allemagne_italie.py`, pour l'article `france-allemagne-italie.qmd` (20 octobre 2026). Sources : `nama_10_gdp`, `nama_10_pe`, `nama_10_co3_p3` (jusqu'en 2022 pour FR et DE, 2023 pour IT), `nama_10_a64_p5` (jusqu'en 2025). Prolonge le tableau 8 de Giraud et Quévat (Insee, juin 2017). Sur les postes en cause (biens à renouvellement rapide, télécommunications, véhicules, loyers ; équipements TIC et logiciels pour l'investissement), le prix relatif national (déflateur du poste moins déflateur du reste du panier) est remplacé par celui d'une référence (moyenne des trois pays, ou un pays). Correction du PIB = part du poste x écart de prix relatif x poids de l'agrégat dans le PIB x (1 - contenu importé). Croissance annuelle du PIB par habitant, 1995-2025 : | | Publié | Harmonisé, postes à fort effet qualité | Harmonisé, y c. véhicules et loyers | |---|---|---|---| | France | 1,02 | 1,00 | 0,98 | | Allemagne | 1,10 | 1,10 | 1,06 | | Italie | 0,62 | 0,65 | 0,70 | Vérification : l'Italie avec les prix bruts français, 2000-2015, donne 0,21 pt de PIB par an (Giraud et Quévat : 0,22) ; en prix relatifs, 0,14. Conventions propres aux comptes (`6_conventions_comptes_*.csv`, ajout du 20 octobre 2026) : communications (division 08) et loyers (041 + 042) déflatés par l'IPCH du même pays (`prc_hicp_aind`). Effet sur la croissance du PIB, 1996-2022 : France, communications −0,04 pt/an (−0,10 en 2012 et 2013) et loyers +0,02 ; Italie, loyers +0,08 (+0,13 avant 2007). Méthodes comparables (`6_comparable_synthese.csv`, `6_comparable_series.csv`, ajout du 22 octobre 2026). Un écart de prix relatif entre pays ne signale une différence de méthode que pour les biens échangés ; pour les services non échangés (loyers, télécommunications), dont les prix dépendent de la demande intérieure, la méthode se juge dans l'absolu. Variante `echangeables` : prix relatif commun sur les seuls biens à renouvellement rapide, véhicules et équipements TIC ; variante `comparable` : en outre, communications et loyers déflatés par l'IPCH du même pays. Logiciels non corrigés. Croissance annuelle du PIB par habitant, 1995-2025 (référence : moyenne des trois pays) : France 1,02 → 0,99 ; Allemagne 1,10 → 1,09 ; Italie 0,62 → 0,70. Écart France - Italie 0,40 → 0,29 ; France - Allemagne −0,08 → −0,10 (−0,25 → −0,30 sur 2007-2024). La lecture des parquets filtre désormais à la lecture (`nama_10_a64_p5` complet ne tient pas en 7 Go de mémoire).